Information détaillée concernant le cours

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Titre

Violences de genre et pratiques de care au Moyen Âge: sources, représentations et méthodes d’analyse

Dates

24-25 avril 2023

Organisateur(s)/trice(s)

Mme Rose Delestre, UNIGE & Université de Rennes 2 (FR) ; Dre Benedetta Viscidi, UNIGE et université de Padoue (IT)

Intervenant-e-s

Prof. Yasmina Foehr-Janssens, UNIGE ; Nadia Pla, Université Paris Nanterre (FR), intervenant·e à confirmer

Description

Le manque d'institutionnalisation des études genre dans les formations universitaires en lettres, alors qu'il est fréquent que des enseignant·e·s chercheur·e·s soient confronté·e·s à des sources qui mettent en scène des rapports de sexe et de genre, et la violence qui peut les régir, appelle à une poursuite de travaux en ce sens, d’autant plus que plusieurs événements en sciences humaines et sociales auront lieu sur ces questions dans le paysage romand en 2023, notamment dans les HETS de Genève et Fribourg.

L'atelier envisagé portera donc, dans une perspective interdisciplinaire (littératures médiévale et moderne, histoire, art, philosophie, anthropologie) d'abord sur les représentations de la violence, puis sur les pratiques de soin qui y répondent. Trois invitées interviendront, ainsi que les organisatrices et les doctorant·e·s/post-doctorant·e·s ou chercheur·euse·s avancé·e·s selectionné·e·s avec un appel à contributions. La violence sera envisagée comme violence sexuelle (viol, rapt, harcèlement), mais aussi, et surtout, comme violence sexuée, dans ses différentes manifestations physiques (enfermement, privation, ségrégation spatiale), verbale (injure, humiliation, calomnie), psychologique (manipulation, dévalorisation, mépris), économique (dépendance financière, interdiction de travailler ou assignation à des métiers imposés) et politique. Il s'agira d'interroger le sexe de la violence et le sexe de la pratique de soin, dans la perspective conjointe des gender et care studies. En d'autres termes, nous observerons les dynamiques de pouvoir, d'abus, de réaction et de compensation et l'incidence du sexe et du genre sur ces dernières. Nous privilégierons une approche intersectionnelle, capable de dépasser la polarisation, réelle, mais pas nécessairement automatique, entre masculin-agresseur et féminin-victime, ou encore entre féminin-soignant et masculin-soigné. S'il est vrai que certains abus ou certaines pratiques de soin ont été généralement imputés à un seul sexe. Le viol, par exemple, a longtemps été compris comme un acte de pénétration sexuelle violente d'un homme sur une femme (ce que confirme le lexique médiéval qui, pour décrire juridiquement ce crime, emploie l'expression « femme efforcier »), tandis que le soin au chevalier blessé est généralement l'affaire des femmes – les meilleurs résultats émergent d'une étude en mesure d'intégrer et de discuter la polarisation des sexes, en prêtant attention aux autres axes de l'inégalité: rapports d'âge, de classe sociale, de nature (humains, êtres surnaturels), d'appartenance ethnique ou religieuse. Il s'agit également de s'interroger sur l'utilisation de certains concepts et catégories contemporains en études médiévales, en appelant à l'utilisation d'un anachronisme contrôlé et critique.

Lieu

UNIGE

Information
Places

17

Délai d'inscription 19.04.2023
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